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Antiquité Japonaise : Statue en bois sculpté

Divinité Shinzo

Sculpture Japonaise représentant une Divinité Shinzo

Assemblée à l’aide de quatre pièces de bois (le torse, les deux manches avec mains, le bas du corps) posée sur un socle sur lequel figure un lotus stylisé formé de deux demi-sphères inversées, une technique de sculpture remontant au VIIIème siècle.

Bois sculpté

JAPON
EDO XVIIIe siècle


Hauteur 58 - Longueur 31 - Largeur 26 cm

La statuaire Shinzo

Implantée au Japon au début du IXème siècle, la secte Shingon réalise un syncrétisme entre le Bouddhisme et le Shintoïsme, tant au plan des idées que des formes plastiques.
Dans le domaine artistique, elle est la source d’une imagerie riche et originale, principalement dans les domaines de la peinture et de la sculpture.
Les oeuvres issues de ce courant religieux sont dénommées shinzo.
Elles ont pour principale caractéristique d’associer des éléments de l’iconographie ésotérique à des costumes de cour.


Les premières sculptures Shinto

L’influence du Shingon eut pour conséquence la représentation des dieux shinto, religion animiste essentiellement aniconique.
Les plus anciennes sculptures de dieux shinto datent de la fin du IXIème siècle et représentent le dieu Hachiman (dieu de la guerre et ancêtre de la famille impériale) sous l’aspect d’un moine.
A la fin du IXème siècle et au début du Xème siècle, des sculptures shinto furent réalisées dans toutes les régions du Japon, tant à la capitale qu’en province.
Le syncrétisme religieux des XIème et XIIème siècles s’orienta plus systématiquement vers une sculpture évoquant les fastes de la cour de Heian.
L’on rencontre ainsi divers types de représentations :
-Ancêtres impériaux masculins et féminins divinisés
-Le dieu (kami) protecteur de tous les membres d’une même lignée, figure divinisée du premier ancêtre mythique ou réel
-Nombreux dieux shinto représentés sous les traits de divinités bouddhistes (dans le sens du syncrétisme religieux).


Kichijô‑Ten

Kichijô-ten (Mahâsrî en sanscrit) est la déesse associée à la moisson, la fertilité et la fortune.
Originaire de l’Inde et femme de Vishnu, elle est vénérée en tant que divinité de la fortune dans le panthéon hindou.
Introduite au Japon par le biais du Bouddhisme, elle est très rapidement intégrée au panthéon Shinto.
Elle tient dans la main gauche la gemme merveilleuse (cintâmani en sanscrit ; hokyu en japonais) qui exauce à volonté les vœux, alors que la droite s’ouvre dans le geste du don.
Les plus anciennes représentations de Kichijô-ten, figurent une dame de la cour chinoise des Tang, iconographie qu’elle conservera pendant de nombreux siècles.
A l’époque d’Edo (1639-1853), marquée par l’épanouissement d’une culture basée sur les traditions du passé, la représentation de Kichijô-ten évolue.
Elle porte désormais les vêtements en usage à la cour de l’époque Heian (794-1185).
Le kimono échancré et ample, la longue chevelure dénouée, ainsi que les traits du visage évoquent en effet le type de beauté idéale représenté sur les rouleaux peints de cette époque.
Les mains ouvertes en signe de don, le joyau sacré qu’elle tient dans la main gauche de même que le socle en forme de lotus stylisé font référence au bouddhisme.